Types, mise en œuvre et éléments d'une charpente en bois

La charpente est l'ossature qui porte la couverture et reprend les charges climatiques, neige et vent. C'est un élément structurel, parfois décoratif, et c'est la pièce du bâtiment dont la durée de vie est la plus longue : certaines charpentes médiévales sont encore en service.
Le vocabulaire, une fois pour toutes
La ferme est l'assemblage triangulé qui porte la toiture. Elle se compose de l'entrait, la pièce horizontale du bas ; des arbalétriers, les deux pièces inclinées ; du poinçon, la pièce verticale centrale ; et des contrefiches, qui soulagent les arbalétriers.
Perpendiculairement aux fermes courent les pannes, panne faîtière en haut, pannes intermédiaires, panne sablière en bas, sur lesquelles reposent les chevrons. Les liteaux, cloués sur les chevrons, reçoivent enfin les tuiles ou les ardoises. Comprendre cette hiérarchie suffit à lire n'importe quel devis de couvreur.
Charpente traditionnelle
Assemblée en bois massif de forte section, à tenons, mortaises et chevilles, elle dégage un volume habitable sous les combles et supporte des portées importantes. C'est la charpente des bâtiments anciens, et celle qu'on retient aujourd'hui quand on veut aménager les combles.
Elle coûte plus cher, demande un charpentier qualifié et un temps de chantier plus long. En contrepartie, elle se répare pièce par pièce, ce qui est décisif sur cinquante ou cent ans.
La fermette industrielle
Apparue dans les années soixante, la fermette est faite de bois de faible section assemblés par des connecteurs métalliques à dents, fabriqués en atelier et posés tous les 60 à 90 centimètres. Elle est économique, rapide, et calculée au plus juste.
Sa limite est connue : le triangulage occupe tout le volume des combles, qui sont donc perdus. Les aménager suppose une reprise de structure, pose de poutres porteuses, découpe de certains éléments, qui relève d'un bureau d'études, jamais du bricolage. Couper une diagonale de fermette « parce qu'elle gêne » est la faute la plus grave qu'on rencontre en rénovation.
Lamellé-collé et bois d'ingénierie
Le lamellé-collé est fait de lamelles de bois collées, ce qui permet des portées et des formes inaccessibles au bois massif : gymnases, halls, piscines. Il est stable dimensionnellement, prévisible mécaniquement, et utilisé aussi en maison individuelle pour les grandes ouvertures.
Sa performance dépend entièrement de la qualité de collage et de la classe de service : un lamellé-collé prévu pour l'intérieur ne se pose pas exposé aux intempéries.
Les essences et leur classe d'emploi
Le résineux domine (épicéa, sapin, douglas, pin sylvestre), le chêne et le châtaignier subsistent en traditionnel. Ce qui compte davantage que l'essence, c'est la classe d'emploi : de 1, à l'abri et au sec, à 4, en contact avec le sol ou l'eau. Un bois de classe 2 posé en situation de classe 3 pourrit en quelques années, quel qu'ait été le traitement.
Ce qui abîme une charpente
L'eau d'abord, et de loin : une tuile déplacée, une noue défectueuse, une gouttière débordante suffisent. Le bois humide en permanence est ensuite attaqué par les champignons, la mérule est le plus redouté. Les insectes xylophages viennent après : capricornes et vrillettes sur le bois d'œuvre, termites dans le grand Sud-Ouest et sur une partie du littoral.
La surveillance tient en une inspection annuelle du comble : traces d'humidité, sciure au sol, trous de sortie, affaissement d'une panne. Le traitement préventif d'une charpente saine est un investissement modeste ; le remplacement d'une ferme attaquée ne l'est pas.
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